Juste avant d’attaquer un nouveau week-end de travaux, quelques souvenirs déjà vieux d’une semaine.

Le samedi matin était brumeux et humide, tout en vapeur grise et petites perles d’eau. Puis, à midi, dans une variation de lumière, le ciel bas se déchira, très vite, sur des plages de bleu frais, lavé de ses humeurs chagrines.

Dans la forêt, la lumière caressait les dalles du Tombeau des Anglais, les roches voisines du Tombeau de Merlin.

À Comper, l’humeur était… faut-il dire picturale, ou plutôt, tentant le néologisme, peinturière ? Plinthes, murs, nouvelles cloisons, tout virait au gris très pâle sous les pinceaux de Claudie et de Marion et d’Hervé.

Guy était partout, Sam remettait en place nos lumières, le roi Arthur incognito s’en venait mettre la main à la pâte.

On fêtait aussi l’arrivée d’un nouveau bénévole, Benoît, venu nous aider à modifier le système d’éclairage de la grande salle du premier étage.

Quand je dis qu’on le fêtait, c’était bien sûr verre en main car les repas et autres quarts d’heure de réconfort sont indispensables à Comper : la tiédeur extérieure n’a pas encore pénétré les grandes pièces rafraîchies par l’hiver.

Et pendant ce temps-là, impassibles, brebis et agneaux profitaient de la douceur de l’instant.