Aux petites heures de la nuit du 7 au 8 décembre, les branches de l’aubépine de Glastonbury ont été coupées, sauvagement a-t-on envie d’ajouter, ne laissant en place qu’un tronc dépouillé et les prières que les pèlerins lui confient.

Cette aubépine qui s’élève sur la colline de Wearyhall perpétue le souvenir du bâton que, selon la légende, Joseph d’Arimathie avait planté en terre en débarquant de son long voyage depuis la Terre Sainte. Ce morceau de bois sec, qui avait appartenu au Christ, avait pris racine, verdi, fleuri. Mieux même, il se mit à fleurir deux fois l’an, et il en est toujours ainsi.

Devenue un symbole sacré, l’aubépine de Glastonbury (ou ses rejetons) était au Moyen Âge l’objet de dévotions particulières de la part des pèlerins de la grande abbaye.

Au temps d’Élizabeth Ière déjà, un Puritain tenta d’abattre l’aubépine qui avait alors deux troncs. Mais la scie avec laquelle il venait de couper le premier tronc le blessa à la jambe, et un éclat du bois lui creva un œil. Ainsi fut sauvé le deuxième tronc.

Les troupes de Cromwell la mirent à mal lors des guerres de la Première Révolution Anglaise : pour les hommes du Lord Protecteur, l’arbre était à la fois suspect de papisme et de paganisme ! Mais des fidèles, qui avaient récupéré les racines et la souche, assurèrent la descendance de l’arbre, qui s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.

L’aubépine de Wearyhall a été plantée il y a une cinquantaine d’années à partir d’une de ces souches. Les fidèles du lieu, de toutes sensibilités, aiment à s’y rendre, méditer, demander une aide à l’esprit des lieux. Quant au récent forfait, la police enquête, mais les mobiles sont difficiles à établir. Il y a tout de même bon espoir de voir le tronc reprendre vie et de nouvelles branches croître et refleurir.