Voilà, c’est fini, l’exposition Lanval n’existe plus. Le 26 janvier, nous avons rapporté d’Angleterre les œuvres françaises pour les rendre à leurs créateurs, avec un petit pincement au cœur. De l’exposition, il nous reste un livre, des souvenirs à foison, des photos… Bien sûr, nous n’avons pas résisté à célébrer la fin, provisoire, de l’aventure commune entre le Devon et Brocéliande le verre en main, dans la nuit de l’hiver où rôdent encore des fantômes attestés, face à un très romantique cimetière qu’illuminait la lune.

Parmi les souvenirs, nous ne saurions trop vous conseiller d’aller sur le blog de Howard Gayton (John Barleycorn must die) lire l’ITCV de Didier Graffet. http://gaytonvanryn.blogspot.com/2011/01/around-table-withdidier-graffet.html

Avec Tambour et sans trompettes…


Pour adoucir cette fin très prévisible, nous avons eu le plaisir de revoir le film sur grand écran, le jeudi 27 à l’Université de Rennes II Villejean, dans la salle de spectacle du Tambour. Les professeurs Christine Ferlampin-Acher, présidente de la Société Internationale Arthurienne, et Denis Hüe, grâce à qui nous étions accueillis en ces murs, étaient présents. Et nous avons eu le plaisir de retrouver Michel Rousse, professeur émérite de littérature médiévale. Il a aimé Sire Lanval, et l’a dit en des termes qui nous ont profondément touché. Et au cours du débat qui a suivi, Nicolas Mezzalira, Sylvain Pfeffer, assistant cameraman en France, et moi-même avons rendu hommage à l’extraordinaire passion de nos coéquipiers anglais, mais aussi à Marie de France et à son lai, si parfait qu’il nous ravit encore aujourd’hui. Sans oublier de remercier tous les inconnus qui avaient conduit jusqu’à elle cette magnifique histoire d’amour, de jalousie, de trahison, de chevalerie et de féerie, dont les péripéties sont aussi neuves et vivantes aujourd’hui qu’elles pouvaient l’être à la naissance de notre littérature.

Et en dernier cadeau, un bel ange rencontré à Winchester…

Sire Lanval sur d’autres écrans encore…


Le film Sire Lanval n’a pas fini sa course ; en Grande-Bretagne, il ne l’a même pas commencée, puisque sa première aura lieu le dimanche 27 mars à Exeter (Exeter Picturehouse), à 11 heures. La veille, après une projection de Peerifool (un conte des Orcades,)  tourné par le Chagford Filmmaking Group en 2008, aura lieu la projection d’un des meilleurs films muets anglais, Cottage on Dartmoor (1929), accompagné à la harpe par Elizabeth-Jane Baldry. Notre partenaire de Lanval excelle en effet dans ce genre de création musicale, et souhaiterait consacrer plus de temps à créer des musiques de films. Si l’on en juge par la partition composée pour Lanval, on ne peut que s’en réjouir.

Autant de plaisirs auxquels, nous le regrettons bien, nous ne pourrons assister ; l’ouverture de Comper est prévue le 3 avril, et le week-end de la première anglaise sera, on le sait d’avance, un des plus industrieux  de l’avant-saison.

Pour rappel, les photos de la première de 2009

http://www.fairytalefilms.co.uk/

http://films-muets.blogspot.com/2010/11/cottage-on-dartmoor-anthony-asquith.html

Un peu de lecture ?


En attendant une chronique littéraire plus étoffée, signalons la parution (en novembre 2010 !) d’un très riche numéro de 303, la revue des pays de la Loire, consacré au Roi Arthur. Une mise en page d’une simplicité élégante, un sommaire qui rassemble des spécialistes confirmés et passionnés, des articles qui balaient très opportunément le champ de  la matière de Bretagne du Moyen Âge à nos jours, en des articles denses et clairs : cette somme dont la direction a été assurée par Martin Aurell doit figurer dans toute bibliothèque arthurienne. Tout au plus (nothing is perfect) peut-on être un peu moins persuadé qu’il n’y est affirmé du rôle essentiel joué par les terres de l’Ouest dans le devenir des romans de la Table Ronde et dans l’influence qu’ils exercent au Moyen Âge. Mais il n’est jamais trop tard pour se réapproprier un si bel univers, et si les plutôt récents Pays de la Loire doivent se regrouper autour d’un drapeau, la bannière aux trois couronnes est un choix qu’on peut comprendre et approuver  !