Jeanne d'Arc par Dante Gabriel Rossetti

Vendredi 6 au soir. Débat à l’(excellente) émission C dans l’air. Sujet, Jeanne d’Arc : en voilà une qui sait encore attiser les brandons de la discorde !

Mais je ne débattrai pas de la légitimité de l’un ou de l’autre à s’emparer des reliques de la vierge guerrière. Je vais plutôt râler (oui, c’est le jour !), râler d’avoir entendu un professeur d’université proclamer une fois encore que l’histoire ce n’était pas des gens ou des événements, mais des flux, des échanges, des voyages, des faits économiques… Et le même protester ensuite parce que l’enseignement de l’histoire avait été torpillé lorsque cette matière était devenue optionnelle en terminale : mesure récente, gravement stupide, et contre laquelle nous nous étions aussi élevé (avec le succès qu’on a vu!).

Un peu d’acuité (l’idée peut-être qu’il y a une vie avant la faculté) lui aurait permis de constater que la manière dont notre professeur envisage l’Histoire est réservée à ceux qui ont déjà des bases solides, et qui se sont tournés vers l’étude de cette science humaine (bel oxymore qui montre assez que ce n’est justement pas une science exacte…), bref, à des étudiants comme il en enseigne… Mais s’alarmer de ce qui advient en terminale, c’est un peu tard ! Qu’il aille voir ce qui se passe depuis plus de 40 ans en primaire, où les élèves reçoivent une histoire fragmentée, éclatée,  privée de cohérence.

Et lorsque l’on entend que les personnages historiques (désolés, ma terminologie est vraiment très surannée, totalement dépassée) ne sont pas à prendre en compte, alors il faut cesser d’en référer, comme cause de tous nos maux, au caractère de l’actuel président de la République ! Si le pouvoir d’un roi, ses opinions, ses choix, ses parti-pris aussi, ne comptaient pas au XVe siècle, pourquoi ceux d’un souverain républicain compteraient-ils aujourd’hui ?

Parce que j’ai beau avoir une vue historique résolument rétro, on ne m’empêchera pas de penser (revenons à nos moutons et à la bergère qui en gardait quelques-uns, il y a six cents du côté de la Lorraine), que la personnalité des rois de France qui se sont succédé pendant la Guerre de 100 ans doit bien avoir quelque chose à faire avec le cours de événements. Et que si en lieu et place de Jean le Bon ou de Charles VI on avait vu régner un Philippe le Bel (ou un Philippe Auguste), le sort des armes aurait peut-être été différent. Et que si la noblesse française avait été tenue à sa place par le souverain, quelques désastres auraient peut-être été évités…

Signé Claudine Glot

Jeanne d'Arc en prison de George William Joy

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